dimanche 2 mai 2010

L'Europe abandonne la Grèce...

Europe divisée et incapable de trouver rapidement des solutions face à la grave crise financière que rencontre actuellement la Grèce, agences de notation privées américaines qui n'ont pas vu arriver les crises financières successives et qui font la pluie et le beau temps en adjugeant des notes, égoïsme des états européens qui ont trainé les pieds pour venir aider rapidement la Grèce pour des raisons intérieures (à l'exemple de l'Allemagne qui, à un mois d'échéances électorales fait monter les enchères), nous sommes loin des idées qui ont prévalues au développement de la zone euro qui devait protéger les pays européens.

Pire, des élus souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignant demandent la sortie de la Grèce de la monnaie unique pour protéger les autres pays d'un effet "domino" !

Comment accepter de réduire l'Europe à un seul marché européen ?

La question qui se pose est la suivante : comment les Etats ont pu devenir tributaires d' une poignée d'agences de notation privées ?

La réponse est peu agréable : elle démontre tout simplement que les Etats ont démissionné !

Après des semaines de négociation, l'Union Européenne semble avoir maintenant trouver un terrain d'entente avec le Président de la Grèce et la contrepartie est de mettre en place un plan d'autérité sans précédent qui va impacter plusieurs dizaines d'années d' acquis sociaux et ce sont, bien entendu, les citoyens grecs qui vont payer durement la facture et les inconséquences gouvernementales !

Parmi les mesures demandées par les partenaires européens, on ne parle pas de taxer les multinationales,  les bénéfices financiers mais de reporter de 10 ans l'âge légal de départ à la retraite, de supprimer les 13ème et 14 ème mois, de geler les salaires et les retraites du service public, d'augmenter de  2 points  la TVA qui est actuellement de 21%, d'augmenter de 10% certains produits et de réduire drastiquement  les investissements publics.

Pendant ce temps, on nous explique en France que l'aide de la France (très fortement endettée !) à la Grèce va nous rapporter de l'argent puisque la France va emprunter à la BCE à 1,5% et qu'elle prêtera à la Grèce à 5%.

Parfaitement immoral de gagner de l'argent sur un pays fortement fragilisé  lorsque l'on parle de solidarité !

Une vraie solidarité consisterait à prêter à la Grèce au taux de notre emprunt auquel on rajouterait juste les frais de gestion. Mais vouloir se faire de l'argent sur un pays en difficulté me semble scandaleux.

Peut-on donner des leçons aux Grecs lorsque l'on voit les déficits abyssaux de la France ?

Ce n'est pas avec cet exemple de solidarité que l'on construira un avenir commun où chaque citoyen, quel que soit son pays de naissance et de résidence, se sentira européen.

Aux Etats Européens de réagir en jetant  aux orties les agences de notations privées américaines qui jouent sur tous les tableaux et décident du sort d'une nation sur des considérations qui mériteraient plus de transparence et surtout un consensus mondial.

Autre point, pourquoi ne pas donner la possibilité aux pays fragilisés par une agence de notation privée de prendre des crédits directement auprès de la BCE. Enfin, l'Europe aurait dû être solidaire et ne pas faire appel au FMI.

Dominique Lemoine

5 commentaires:

  1. Cher Dimitri, …

    Lettre ouverte à un ami grec, vue sur Pnyx.com ( http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/659 ), accompagnant la question-débat au coeur de cette crise :

    Europe, un mariage "Pour le meilleur et pour le pire" ?

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  2. Si la France continue dans son endettement on sera bientôt au même stade que la Grèce, l'Espagne , le Portugal et l'Irlande

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  3. Je suis d'accord avec le fait que cette malheureuse crise grecque a servi de révélateur aux égoïsmes nationaux plus discrets lorsque tout va bien. Malheureusement on a la preuve tous les jours que l'on est très très loin d'une Europe politique digne de ce nom.

    Néanmoins, ce que les allemands et d'autres, reprochent aux grecs, c'est d'avoir triché pour profiter du système communautaire. C'est comme partout, il n'y a rien de pire pour remettre en cause l'idée de la solidarité que les abus et les profiteurs !
    Et si Christine Lagarde prend soin de rappeler que l'aide apportée aux grecs n'est qu'un prêt et rentable de surcroit, c'est que beaucoup considèrent que les grecs ont abusés et qu'ils n'ont que ce qu'ils méritent !
    Question: pourquoi ne pas faire appel au FMI ? ...il me semble que c'est son rôle d'aider les pays en difficulté et ça permet d'ajouter au pot sans peser sur la capacité d'emprunt des autre pays européens qui auront peut-être encore besoin d'aider d'autres de leurs membres (Portugal Espagne...).

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  4. Afin d'avoir une solidarité européenne digne de ce nom, je pense qu'il aurait fallu créer un FME (Fonds Monétaire Européen)qui aurait, sans nul doute, apporter une aide à des conditions moins drastiques que le FMI.

    Je ne sais pas si la Grèce a vraiment triché ou si elle ne s'est pas fait piéger avec ses emprunts, en laissant trop filer son déficit et surtout par les conseils des banques et indirectement par les agences de notations.

    Ce que je constate en revanche, c'est que les citoyens grecs vont payer un prix exorbitant et je pense que les conditions imposées vont encore plus fragiliser la Grèce.

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  5. Il est clair maintrenant qu'il y a des liens entre les Agences de notations et les spéculateurs, et je suis avec toi pour créer un FME qui proposerait des prêts aux Etats membres pour ne plus dependre des marchés. C'est ce que l'on pourrait appeler "la definanciarisation du capital".
    Le pire est que cet emprunt va payer les spéculateurs pourqoui faut-il attendre une autre crise pour rendre ces pratiques hors-jeux ? Nous pouvons jouer seul en Europe, tout du moins ammorcer de nouvelles règles entre nous et les étendrent par la suite.

    Depuis quelques année la compagnie BP demade d'asouplir les contraintes reglementaires car elle possède la technologie et la sécurité .... les politiciens grecs disaient la même chose de leur économie comme nos politiciens parlent de la nôtre....

    Christian (Nates)

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